Festival de l'histoire de l'art
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En 2014, le Festival s’intéressera au concept de « collectionner » et invite la Suisse

25 septembre 2013

Pour sa quatrième édition, le Festival de l’histoire de l’art vous attend les 30, 31 mai et 1er  juin 2014.

Andrew Kay Wormrath, Affiche pour la 25e exposition du Salon des Cent, détail © Bibliothèque de l’INHA, collection Jacques Doucet, Estampes

Un thème – Collectionner

Le Festival explore chaque année un thème. En 2014, c’est le thème « Collectionner » qui sera présenté aux festivaliers.

« Collectionner » est un geste essentiel dans l’histoire de l’art, mais aussi une passion que chacun a pu éprouver dans son enfance. La collection parle des relations entre l’œuvre d’art et la société, entre les artistes et leurs commanditaires ou acheteurs, entre les amateurs privés et le public. Les premières attestations de cette pratique remontent à la Préhistoire, selon Leroi-Gourhan: à Arcy-sur-Cure, dans l’Yonne, au Paléolithique supérieur, une série d’objets ont été recueillis et amassés pour leur aspect curieux : blocs de pyrite, coquille fossiles, cristaux de quartz.

Pourquoi collectionner ? le but et le plaisir de la collection est-il le même pour un empereur romain, un roi de France ou un chef d’entreprise contemporain ? Collectionnent-t-ils pour eux seuls ou pour un public, et quel public ? En comparant les situations présentes et passées mais aussi en donnant la parole aux collectionneurs d’aujourd’hui, on cherchera à comprendre comment s’articulent passions privées et patrimoine, passages entre collections privées et collections publiques, ainsi que les différents modes de mécénat.

Le balancement entre ce que l’on montre et ce que l’on cache est essentiel à toute collection. Collectionner signifie aussi mettre en scène des objets pour raconter une histoire, raconter l’histoire. La présentation des peintures, jusqu’au XXe siècle, par « écoles » nationales, les classements successifs des arts extra-européens, de l’ethnographie aux « arts premiers », ont rendu visible une histoire de l’humanité dont la validité doit être interrogée. La collection peut aussi se proposer de décrire le monde : aux XVIe et XVIIe siècles, les frontières poreuses entre sciences et arts font des merveilles de la nature des œuvres d’art, exposées dans des cabinets de curiosités ou chambres des merveilles, qui inspirent aujourd’hui des artistes. La quête de l’extraordinaire est d’ailleurs une motivation essentielle du collectionneur.

Dézallier-d’Argenville-02

Dezallier d’Argenville, L’Histoire naturelle éclaircie dans deux de ses parties principales, la lithologie et la conchyliologie, Paris, 1757

Le Festival évoquera des collections hors-normes ou inattendues comme les collections d’édifices, les collections d’œuvres immatérielles etc. Si le thème permet d’explorer les relations entre les artistes et leurs collectionneurs, il invitera aussi le visiteur à inverser le regard et à montrer que les artistes eux-mêmes sont souvent collectionneurs. Des antiques de Michel-Ange aux œuvres d’art brut de Dubuffet, ces collections nourrissent et éclairent leur propre création. A tel point que le geste de collectionner peut être le principe même d’une œuvre, comme celle de Boltanski qui, en arrachant des objets quotidiens à leur fonction première et en les accumulant, change le regard du spectateur sur elle. Quand la collection elle-même devient une œuvre, c’est un geste premier de l’enfant qui est retrouvé.

Le Festival verra se croiser sur ce thème les regards d’historiens de l’art, de collectionneurs, de marchands, mais aussi d’artistes, de philosophes et de psychanalystes. Plusieurs lectures montreront comment le collectionneur est devenu une figure littéraire (notamment Georges Pérec, Un cabinet d’amateur). Projections et concerts mettront à l’honneur une collection immatérielle que l’UNESCO vient d’inscrire au patrimoine mondial : les films de concerts, conservés depuis 1967, du Montreux Jazz Festival, partenaire en cette année où la Suisse est à l’honneur.

 

Jacques Bélat

Aquarelle anonyme non datée de la ferme Sous-les-Roches à Bressaucourt © Photo Jacques Bélat

Un pays invité – la Suisse

Le Festival, c’est également trois rendez-vous annuels placés sous le regard privilégié d’un pays invité, la Suisse : le Salon du livre et des revues d’art Art & Caméra, panorama et perspectives sur le film et l’art ; et le Forum de l’histoire de l’art, qui sera l’occasion de découvrir l’actualité du monde de l’art suisse, de la comparer à la situation française et européenne. Territoire passionnant pour l’histoire de l’art, la Suisse a une riche actualité dans le domaine du patrimoine comme de la recherche ou de la création artistique. Au carrefour de plusieurs aires linguistiques et culturelles (germanique, italienne et française), son histoire très particulière détermine un rapport singulier au patrimoine. Ici, jusqu’au XIXe siècle, pas d’État central organisateur d’une politique nationale de la culture, mais de multiples acteurs, hommes de pouvoir, institutions civiles ou religieuses, puis, au XXsiècle, de très nombreuses initiatives privées, émanant de citoyens suisses d’origine ou d’adoption. La Suisse abrite ainsi un nombre de collections exceptionnelles considérable, dans des domaines aussi variés que les arts premiers, l’art contemporain ou l’archéologie, qui lui permettent de rivaliser avec les plus grands pays du monde. Le pôle bâlois constitue un cas tout à fait unique, concentrant collections, musées et foire internationale d’art contemporain de référence. De nombreuses sociétés savantes, dont la Société d’histoire de l’art en Suisse fondée en 1880, étudient et font connaître par le biais de publications de haut niveau scientifique le patrimoine helvétique. Dotée d’universités largement ouvertes, la Suisse a attiré des professeurs d’envergure internationale dont certains ont profondément marqué leur génération, comme Maurice Besset à Genève, à la fois conservateur et universitaire, premier titulaire d’une chaire d’art contemporain, auquel le Festival rendra hommage, en partenariat avec le Centre culturel Suisse de Paris. Tables rondes et conférences permettront d’évoquer et de faire connaître le patrimoine suisse et sa place dans le monde de l’art contemporain, de montrer les spécificités qui déterminent le dynamisme des musées suisses aujourd’hui, et de les comparer à d’autres situations européennes. Étant donné le succès des Rencontres d’étudiants des deux précédentes éditions du Festival, elles seront élargies, à partir de 2014, à l’Europe entière, devenant Rencontres européennes d’étudiants en histoire de l’art, auxquelles seront conviés une trentaine de jeunes chercheurs suisses, leur permettant de profiter de contacts avec des professionnels, de présenter leurs premiers travaux et de nouer des contacts avec leurs futurs collègues européens.

Le Festival sera aussi l’occasion de propositions pédagogiques pour l’enseignement de l’histoire des arts à l’école, à travers une Université de printemps et des ateliers pédagogiques proposés et soutenus par le Ministère de l’Éducation nationale.

 

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