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La mémoire des fêtes : chroniques de l’éphémère

24 avril 2013

Lucie Fléjou et Pierre-Yves Laborde proposent le 1e juin 2013 une conférence à deux voix intitulée « La mémoire des fêtes : les livres de fêtes de la Bibliothèque de l’INHA » qui se déroulera dans le Salon des Fleurs du château de Fontainebleau.

Les livres de fêtes de la collection Jacques Doucet, conservée à la bibliothèque de l’INHA, fixent par le texte et l’image le souvenir de cérémonies et festivités d’autrefois. La collection a fait l’objet de l’exposition « Chroniques de l’éphémère. Le livre de fête dans la collection Jacques Doucet » en 2010, dans la Galerie Colbert.

J. Berain, Carrousel des Galans Maures de Grenade, entrepris par monseigneur le Dauphin, à Versailles, 1685 © Bibiliothèque de l’INHA, collection Jacques Doucet

La ville se pare de décors éphémères

Cette collection, qui rassemble près de 1200 ouvrages du XVe au XIXe siècle, rassemble principalement les souvenirs de fêtes parisiennes et italiennes des XVIIe et XVIIIe siècles, époque durant laquelle ces festivités atteignent leur apothéose.

Paris et Versailles sont alors au centre de la fête : Notre-Dame de Paris et la basilique de Saint-Denis abritent les cérémonies religieuses qui rythment la vie du souverain, de la naissance aux funérailles. Les abords du Louvre et la place des Vosges accueillent des divertissements équestres. Et Versailles s’impose comme lieu de réjouissances avec les six jours de fête des Plaisirs de l’île enchantée (1664) ou le Carrousel des Galans Maures (1685).
Pour ces occasions, la ville se pare de décors éphémères, empruntés au monde du théâtre. Organisées par les villes qui accueillent leur souverain, les entrées royales mettent à contribution de nombreux artistes et non des moindres : architectes, peintres, sculpteurs réalisent des architectures éphémères, alliant le gigantisme au trompe-l’œil.

J.-B. Delafosse, C. Eisen, F.-M. Blondel, Fêtes publiques données par la ville de Paris à l’occasion du mariage de Monseigneur le Dauphin, les 23 et 26 février 1745 © Bibliothèque de l’Institut National d’Histoire de l’Art, collection Jacques Doucet

Le livre de fête diffuse la renommée de la magnificence royale à travers l’Europe

La Cour n’est pas en reste. Le bureau des Menus Plaisirs du roi, département de la Maison du roi, organise les fêtes et cérémonies religieuses pour la Cour. Il est amené à collaborer avec les Bâtiments du roi pour la construction d’édifices provisoires. Parmi les organisateurs et les concepteurs de ces fêtes, on retrouve des noms prestigieux : Le Brun, Le Vau, Lully et Molière notamment.
Ces spectacles marquent fortement les contemporains et les livres leur permettent d’en garder le souvenir.
Les imprimés de la fête présentent une grande variété de supports, du programme ou du pamphlet au prestigieux livre relié et illustré. Ce dernier est un objet onéreux, réalisé à la Cour par le bureau des Menus Plaisirs plusieurs années après l’événement. Il rassemble documents, témoignages et gravures. Son rôle est d’expliquer le déroulement de la fête, de déchiffrer allégories et inscriptions et surtout de diffuser la renommée de la magnificence royale à travers l’Europe. Car ces ouvrages, cadeaux diplomatiques, circulent dans les Cours européennes, suscitant une émulation de la fête. Les programmes et placards visent une population plus large à qui ils rendent accessibles les différents intervenants et détaillent le déroulement de la fête.
Les livres de fête, œuvres qui lient l’art et le politique, nous donnent un aperçu de l’essor des festivités en l’honneur des monarques. Ils conservent une image idéale et durable de fêtes éphémères.

J.-M. Moreau le jeune, Le feu d’artifice. Fêtes données au roi et à la reine, par la ville de Paris le 21 janvier 1782 à l’occasion de la naissance de monseigneur le Dauphin © Bibiliothèque de l’INHA, collection Jacques Doucet

D’autres manifestations traiteront également des festivités :

Lorsque l’éphémère devient cyclique : les fêtes du Corpus Christi en Méditerranée, performances religieuses et esthétiques (XVIe – XVIIIe siècle)
Un édifice éphémère prestigieux érigé à Londres en 1749 : le décor de Servandoni pour le feu d’artifice tiré à l’occasion de la Paix d’Aix-la-Chapelle
Les fêtes à Saint-Cloud : des princes aux bourgeois (XVIIe – XVIIIe siècles)
Le château de Fontainebleau, lieu de l’éphémère : des fêtes de la Renaissance aux spectacles de la Cour
Les arts éphémères à Ferrare à la Renaissance : l’apport de nouvelles formes artistiques

Pauline Blain

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