Festival de l'histoire de l'art
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L’histoire de l’art face à l’éphémère

19 septembre 2012

L’art s’est manifesté dès les premières pierres levées ou les premières peintures comme une tentative soit de magnifier l’éphémère (célébrations, ornements temporaires des corps..) soit de le défier (en cherchant à en arrêter des instants comme les peintures rupestres qui fixent le mouvement des animaux ou la chasse des hommes ; ou en cherchant à laisser une trace durable, voire éternelle, par la construction d’édifices pérennes, par exemple)

Anna Maria Maiolino – Street performance, Rua Carodoso Junior, Rio de Janeiro ©Service audiovisuel du Centre Pompidou/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés

 

L’histoire de l’art oscille ainsi entre permanence et impermanence, entre deux pôles opposés : la monumentalité et la performance.

A partir de ce constat, plusieurs questions peuvent être posées, qui concernent aussi bien les historiens que les créateurs, les conservateurs que les spectateurs. Pourquoi les sociétés ont-elles investi dans l’éphémère ? L’éphémère est-il forcément futile ? Ne donne-t-il pas à voir ses structures profondes dans les cérémonies, les architectures éphémères, les costumes?  Faut-il conserver à tout prix ? Comment conserver des oeuvres d’art conçues pour être éphémères et faites de matériaux périssables ? Comment conserver le patrimoine des arts vivants ? Le sujet engage également un questionnement sur la politique des musées, tiraillée aujourd’hui entre des collections permanentes coûteuses et des expositions temporaires très médiatisées.

Le Festival 2013 sera l’occasion de faire connaître des pans de recherches nouveaux ou renouvelés sur ces aspects moins connus de l’histoire de l’art : l’architecture éphémère, les arts de la table, les arts prenant le corps pour support (coiffure, tatouages…)… Il doit permettre ainsi de montrer les échos possibles entre périodes et aires géographiques très différentes, entre  les arts visuels et les arts du spectacle vivant et, toujours, entre l’histoire de l’art et les sciences humaines, entre l’histoire de l’art et les créateurs d’aujourd’hui. Si toute création est éphémère, elle peut toujours, même à très longue distance dans le temps et l’espace, donner lieu à d’autres gestes créateurs.

 

« Si le temps ne s’attaque à l’oeuvre, c’est l’ouvrier qu’il mord. Qu’on le rassasie : ces troncs pleins de sève, ces couleurs vivantes, ces ors que la pluie lave et que le soleil éteint.

(…)

Point de révolte : honorons les âges dans leurs Chutes successives et le temps dans sa voracité ».

(Victor Segalen, Aux dix mille années)

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