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Interview du jury Prix Art & Caméra

8 février 2013

Sylvie Richard, responsable du service de l’action culturelle et éducative à l’INA, nous explique pourquoi et comment l’INA s’investit avec le Festival pour récompenser le lauréat du Prix Art & caméra.

 

Sylvie Richard

En quoi consiste votre travail à l’INA?

Questionner la façon dont les images peuvent nous aider à réfléchir et à interroger le monde d’aujourd’hui

Je suis responsable du service de l’action culturelle et éducative qui, au sein d’une Direction des contenus, a pour mission de valoriser les programmes de l’INA auprès des acteurs culturels, institutionnels et du réseau éducatif. Nos interlocuteurs sont des musées, des associations, des collectivités territoriales, des festivals, etc. Lorsque l’Ina est sollicité pour mettre à disposition des programmes (archives ou productions) nous étudions la nature de la proposition : si le projet répond à un certains nombre de critères nous décidons d’entrer en partenariat. Ces critères sont par exemple l’intérêt du sujet, la qualité du partenaire, le public auquel il s’adresse, ce que l’on peut en attendre en retour de communication et surtout la façon dont les images s’intègrent dans le projet. Ce qui nous intéresse c’est de questionner la façon dont les images peuvent nous aider à réfléchir sur un sujet et à interroger le monde d’aujourd’hui, que d’autres disciplines apportent un nouveau regard et une nouvelle éditorialisation de nos archives. Nous demandons par exemple à des écrivains de réfléchir et d’écrire sur la façon dont la littérature est filmée et médiatisée par la télévision. Ce qui m’intéresse ce sont toutes ces interactions. Notre connaissance de nos fonds nous permet d’être de vrais interlocuteurs sur les questions de programmation. Lorsqu’il n’y a pas cette valeur ajoutée nous pouvons répondre aux sollicitations par de la simple cession de droit.

Il ne faut pas oublier aussi que nous sommes les garants de l’exploitation des programmes vis-à-vis des divers ayants droit.

 

Pourquoi est-ce que c’est important de récompenser un projet et non pas un film déjà réalisé?

Donner une chance à des réalisateurs de mener leur projet à terme

Dans la mesure où le Prix est doté d’un financement, on donne une chance au lauréat d’alléger les coûts relatifs à la production. Il est important de préciser que c’est extrêmement difficile de produire des films sur l’art aujourd’hui, qu’il y a très peu de fenêtres de diffusion. Ce Prix peut donner une chance à des réalisateurs de mener leur projet à terme.

Je trouve par ailleurs qu’il serait également intéressant que le festival décerne un label à une ou des initiatives développées par les musées ou lieux de cultures pour toucher de nouveaux publics qui ne fréquentent pas spontanément ces établissements : musées virtuels, musées nomades, préparations de visites d’expositions à partir de dispositifs faisant appel à des technologies numériques. Ce label encouragerait le développement de projets innovants dans le domaine de la médiation culturelle. Le festival à mon avis doit s’inscrire et même jouer un rôle important dans la réflexion sur l’innovation dans l’éducation artistique et culturelle.

 

Est-ce que le jury peut conseiller le lauréat dans la réalisation de son projet?

Il y a en effet des personnalités diverses dans le jury qui peuvent dialoguer avec le lauréat pour l’orienter, le conseiller et surtout le soutenir pour la production de son projet. En dehors du soutien financier apporté par le prix nous pouvons aussi lui faire profiter de nos réseaux et sommes en quelque sorte des passeurs.  Mais le vrai dialogue devra se faire avec le producteur qui s’engagera dans le projet. Le dialogue entre le réalisateur et le producteur,  de mon point de vue, est un aspect très intéressant dans l’acte de production, que ce soit dans les domaines du cinéma, de la littérature ou des arts plastiques.

 

Pourriez-vous nous parler des différents projets qui ont été proposés?

J’ai été séduite par l’enthousiasme d’Antoine de Mena

Le projet du lauréat, Antoine de Mena, était vraiment très intéressant parce qu’il permettait de découvrir un réalisateur japonais, Sadao Yamanaka,  très peu connu avec une filmographie rare et un parcours personnel impacté par son engagement dans la guerre et la prise de conscience du désastre.  Il se trouve que lorsque j’ai rencontré Antoine lors de  la remise du Prix j’ai été séduite par son enthousiasme et la façon dont il est engagé dans ce projet qui lui tient extrêmement à cœur et dont je ne doute pas qu’il ira jusqu’au bout. Il y avait également de très bons projets comme celui sur Georges Didi-Huberman qui était très abouti (« Une œil, une histoire » de Pascale Bouhénic et Marianne Alphant) et qui, pour  moi, avait une forte valeur pédagogique.

J’ai apprécié également que la dotation du Prix soit attribuée au réalisateur, donc au créateur, qui pourra ainsi soit développer l’écriture, soit l’injecter dans la production.

 

  Le Prix Art & Caméra est soutenu par

                                                             le CNC et l’Académie de France à Rome -Villa Medici.

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