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En avant-première « Lumineux ! Dynamique ! Espace et vision dans l’art de nos jours à 1913 »

16 mai 2012

Entretien avec Serge Lemoine et Matthieu Poirier, respectivement Commissaire général et Commissaire de l’exposition « Lumineux ! Dynamique ! Espace et vision dans l’art de nos jours à 1913 » qui se tiendra aux Galeries nationales du Grand Palais en avril-juillet 2013.  Ils seront également au Festival le 2 juin pour présenter cette exposition.

 

Pourriez-vous présenter les origines, les motivations et les objectifs de ce projet ? Vous disposez d’un lieu d’exposition formidable. Comment avez-vous pensé la scénographie ?

Serge Lemoine : J’ai proposé ce projet à la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et Jean-Paul Cluzel en a compris la nécessité et l’intérêt. Sans lui, nous n’aurions pas eu la possibilité de réaliser cette exposition. Nous avions constaté que de nombreux artistes contemporains pouvaient être rattachés à l’art optique et cinétique, au sens où l’on parle de lumière, de mouvement, d’espace et de vision. Ce sont des problématiques qui continuent à intéresser les artistes, et ce dans tous les pays. Notre projet a suscité tant d’intérêt qu’il a été augmenté pendant son élaboration : l’exposition occupera l’intégralité de l’espace des galeries nationales, ce qui ne s’est jamais fait pour une seule manifestation. Nous allons donc pouvoir montrer cette exposition, qui va durer quatre mois, sur une surface de quatre mille mètres carrés environ. La RMN-GP prend ainsi position dans l’art contemporain et organise pour la première fois, de manière autonome, une exposition aussi importante.

Matthieu Poirier : Nous avons rassemblé 190 artistes et plus de 250 œuvres caractéristiques de l’art perceptuel. Il s’agit d’« œuvres ouvertes », qui explorent le rapport dynamique entre l’espace externe de l’objet et celui, interne, de la perception. Ces tableaux, sculptures, environnements et films génèrent des phénomènes visuels et spatiaux puissants qui peuvent tout à fait s’entrechoquer et se nuire si l’on ne porte pas une attention toute particulière à la scénographie, aux perspectives et au champ de vision du spectateur. Il faut aussi articuler entre eux des travaux de nature et d’échelle très diverses. Nous collaborons étroitement avec des musées du monde entier, mais aussi aves des artistes vivants ou leurs ayants-droit pour réaliser des adaptations d’œuvres-clés ou des répliques. L’exposition participera, je l’espère, à ce courant de réhabilitation de l’art optique et cinétique (ou perceptuel, donc), dont on constatera les multiples occurrences sur une centaine d’années, ceci au travers de vingt deux sections thématiques (« Abîme », « Distorsion », « Claire-Voie », etc.). Nous laisserons à chacun la liberté d’apprécier chaque œuvre individuellement et nous mettrons l’accent sur les dialogues historiques entre les œuvres, leurs descendances, leurs héritages riches et complexes.

SL : L’objectif est de montrer que l’art cinétique et optique continue à inspirer les artistes contemporains. C’est par exemple le cas de James Turrell qui n’est pas dans les années soixante et qui est détient pourtant cet héritage.

Avez-vous fait le lien entre ce type de production et le concept de monochrome en      peinture ?

MP : C’est une des clés de l’exposition : montrer de quelle façon la vibration, l’espace et le temps réel se sont substitués à la composition et à la polychromie dans l’histoire de l’art abstrait. Les expositions d’art optique et cinétique, durant les années 1960, intègrent d’ailleurs très souvent, en exergue, des monochromes d’Yves Klein.

 

Vous insistez sur l’expérience de la vision, à l’instar de Brion Gysin, qui s’oriente vers la mort de l’image avec une perception les yeux fermés.

MP : Gysin sera bien entendu dans l’exposition avec sa Dreamachine. Car le dénominateur commun entre ces pièces n’est pas tant leur abstraction que le profond trouble qu’elles génèrent chez l’observateur, leur capacité à produire de l’immatérialité en attaquant et la forme et la rétine. C’est peut être le fil rouge tendu entre les Compénétrations iridescentes de Giacomo Balla, la Rotative sphère-plaque de Marcel Duchamp, la tige vibrante de Naum Gabo et les travaux récents d’Ann Veronica Janssens, Olafur Eliasson ou encore Philippe Decrauzat.

Pénétrable bleu, 1999, Jesus Raphael Soto, Collection SOTO ©ADAGP 2012

Matthieu Poirier, vous travaillez depuis une dizaine d’années sur ces questions, quel a été votre rôle dans l’élaboration de ce projet ?

MP : Les rôles sont précisément distribués : je suis le commissaire de l’exposition et Serge Lemoine, qui a impulsé le projet, en est le commissaire général. Le travail ne manque pas et nous bénéficions à ce titre de l’assistance de deux Commissaires associés : Domitille D’Orgeval et Marianne Le Pommeré.

SL : Le rôle de Matthieu Poirier est extrêmement précieux dans la mesure où il connait également ce qui se fait actuellement. Je connais les productions des années soixante : j’avais besoin d’avoir un regard attentif et renouvelé. L’idée, c’est une collaboration entres générations. Nous avons une chance folle de travailler sur des artistes qui sont encore en vie. Si l’on travaille sur James Turrell on peut par exemple le rencontrer !

Les commentaires sont fermés.

1 commentaire

  • Le 5 juin 2012 à 13h19, Schibler a écrit :

    Bonjour Monsieur Lemoine, Quelle lumineuse idée ! Merci de nous éclairer sur un siécle et plus . Nous en avons bien besoin. Avec mes amicales salutations.