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Marie-Claire Doumerg : « Défendre l’histoire de l’art comme carrière »

22 mai 2012

A 28 ans, cette blonde germaniste venue de Toulouse, est chargée de cours à l’Ecole du Louvre et chargée de mission à l’INHA. Dixhuitiémiste « dans l’âme », spécialiste de Fragonard et de Nicolas Guibal, elle a pratiqué l’Ecole du Louvre et celle de Heidelberg. A Fontainebleau, elle organise une rencontre entre étudiants et professionnels sur « L’insertion professionnelle des étudiants en histoire de l’art ».

Entretien réalisé par Pauline Decot pour le magazine Culture Communication, édition de mai 2012, n°201

Une Khâgne, puis une Licence d’Allemand avant d’embrasser l’Histoire de l’art : vous êtes à la charnière de deux cultures, deux approches de l’enseignement…

C’est important de connaître la littérature, quand on fait de l’histoire de l’art. J’ai toujours aimé faire des parallèles entre une image et un texte. En Khâgne, nous avons eu par exemple à rapprocher un texte de Crébillon fils et « Le verrou » de Fragonard. J’ai fait l’École du Louvre au moment où elle mettait en place un « Master international d’histoire de l’art et de
muséologie » (2008). Avec trois autres étudiants, j’ai donc pu faire mon Master de recherche (en allemand !) à Heidelberg. Nicolas Guibal, peintre lorrain attaché au Duc de Wurtemberg, m’intéressait surtout en tant qu’Européen, parce qu’il illustrait le principe de « réseau artistique », de voyages, de communication. C’est un sujet important en ce moment dans les recherches, qui prend en compte la personne, ses relations, sa « fortune critique ».

Qu’avez-vous appris de différent, à Heidelberg ?

Faire appel à leurs sens plus qu’à leurs connaissance

Avec son château en ruines en toile de fond, c’est un vrai lieu, une ville cosmopolite de rencontres qui motive. C’est la première ville universitaire sur le sol allemand : l’université date de 1386 et sa bibliothèque est une référence pour l’histoire de l’art. L’enseignement, c’est vrai, est différent. L’oral et la prise de parole y jouent un rôle important, alors qu’en France le modèle dominant est le modèle écrit, le cours magistral. Je mets cela en pratique pendant mes cours de TDO (travaux dirigés devant les oeuvres) au Louvre et dans différents musées, avec mes élèves de 3e année. Je leur apprends aussi à regarder, à faire appel à leurs sens plus qu’à leurs connaissance. Il faut bien regarder avant d’analyser, sinon on oublie les détails qui en histoire de l’art sont si importants.

L’INHA vient de vous confier une mission pour l’aide à l’insertion professionnelle. En quoi consiste-t-elle ?

Faciliter les rapports entre étudiants diplômés et monde du travail

J’ai une envie farouche de défendre l’histoire de l’art comme carrière. Un Master, ça ne donne pas un métier mais des compétences à valoriser dans différents secteurs. Il y a chaque année 1 200 candidats pour 10 places de conservateur ! Je suis là pour dire à ces étudiants que l’histoire de l’art, ce n’est pas seulement la conservation et l’enseignement : c’est aussi la médiation culturelle et le marché de l’art. Elle peut mener à l’édition, au journalisme, au mécénat, au tourisme… De plus en plus d’entreprises sont en recherche de sciences humaines. Ma mission est de faciliter les rapports entre étudiants diplômés et monde du travail, de réfléchir à des dispositifs dans ce sens (site Internet, annuaire). Depuis trois ans, je suis auto-entrepreneur en histoire de l’art et iconographie. La rencontre que j’organise à Fontainebleau sera un premier grand moment pour communiquer sur cette mission, pour nouer des contacts. Les professionnels du monde de l’art viendront raconter leur parcours aux étudiants présents au festival.

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6 commentaires

  • Le 24 mai 2012 à 10h50, LESAGE a écrit :

    Je ne pourrai malheureusement pas me rendre au festival. Or, l'intervention de Mme Doumerg m'intéresse énormément. Pourrons-nous accéder ultérieurement au compte rendu de cet exposé? Avec mes remerciements B. Lesage

  • Le 25 mai 2012 à 17h31, MAITE a écrit :

    J'applaudis cette belle initiative et l'existence même du festival Malheureusement l'accès au festival d'histoire de l'art est très difficile pour les étudiants et jeunes diplômés qui n'ont que peu d'argent pour se rendre puis séjourner à Fontainebleau (moi qui ne suis pas pour une centralisation à tout va Paris reste plus facile d'accès). Alors que le thème de cette année est le voyage je me demandais si ce festival ne pourrait pas être itinérant (et changer de lieu tous les ans par exemple)? En ce qui concerne la conférence, un compte rendu serait en effet le bienvenu même si cela ne vaut pas la rencontre même avec les professionnels. Malgré ce petit coup de gueule. Merci à à tous ceux qui font vivre ce festival qui est somme toute un très bel événement. Maïté (master histoire de l'art depuis 2011, iconographe auto-entrepreneur)

  • Le 25 mai 2012 à 17h37, INHA a écrit :

    Bonjour, Cette table ronde est en effet vivement attendue. Nous tenterons de vous faire partager cette rencontre et nous diffuserons par la suite le maximum d'informations.

  • Le 30 mai 2012 à 15h41, INHA a écrit :

    Bonjour, Nous live-twitterons cette table-ronde, suivez là avec #FHA12 dès 10h le dimanche 3. Un compte-rendu sera également disponible très rapidement. Nous le publierons sur le site.