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Miró vu par Pere Portabella

2016-03-05_11h55_25

« Miró l’altre »

  Alors que José Val del Omar, l’autre cinéaste que nous programmons en vis-à-vis, aspire à mettre en accord cinéma et mystique dans ce qu’il appellera « mécamystique », Portabella est avant tout un cinéaste démystificateur.

Toute son œuvre est sous-tendue par une critique de l’art et de la société fondée sur une déconstruction matérialiste du médium cinématographique. Dans ses documentaires sur l’art, de facture plus classique que des œuvres telles que Vampir cuadecuc (1970) ou Umbracle (1972), c’est la production et la réception de l’art qui interrogent son statut traditionnel. Ce regard critique porté sur et à travers l’art est bien illustré par une série de films de commande consacrés à Joan Miró.

A l’occasion de l’exposition rétrospective « Miró l’altre » organisée par le Collège Officiel d’Architectes de Catalogne (COAC) à Barcelone en 1969en réponse à une exposition sur l’artiste conçue par le Ministère d’Information et de Tourisme franquiste à laquelle Miró ne se rendit pas, Portabella réalise Miró l’altre (1969). Il s’agit du film le plus expérimental de la trilogie consacrée à Miró, tant dans son montage qui fait la part belle à la répétition que dans sa musique elle aussi minimaliste composée par Carles Santos.

Le film a une assez forte dimension subversive, la création de l’oeuvre est ici liée à sa destruction : Portabella filme l’intervention de Miró sur la façade du Collège puis la destruction de l’œuvre par le peintre et ses assistants. L’effacement de cette peinture murale était une idée de Portabella que Miró accepta avec enthousiasme. La production et la disparition sont saisies dans un même geste critique face à l’art comme valeur établie.

Dans les deux films suivants, commandés en 1973 par la Galerie Maeght à l’occasion d’une exposition organisée par le Ministère des Affaires Culturelles français au Grand Palais, c’est l’artiste lui-même qui disparaît : Miró, la forja et Miró tapis documentent, dans une esthétique bien plus proche du cinéma direct, attentive à la durée propre des processus filmés, la production d’oeuvres de Miró par des artisans : des sculptures en bronze et une tapisserie monumentale. Les deux films posent la question des limites de l’art : les producteurs des oeuvres sont interrogés sur leur statut : se considèrent-ils comme artistes ou artisans ?

                                                                                                                                         Séance présentée par Lucía Méndez

Miró l’altre

Espagne/1969/15’/VOSTF

Miró la forja

Espagne/1973/24’/VOSTF

Miró tapis

Espagne/1973/22’/VOSTF

04/06/2016 – 17h40 à 19h00 

Cinéma L’Ermitage – Salle 5

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