Festival de l'histoire de l'art
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Une invitation à la « visite immobile » par les étudiants de l’université Paris-Sorbonne

22 mai 2015

Le Festival de l’histoire de l’art collabore depuis deux ans avec l’université Paris-Sorbonne en invitant ses étudiants de master 1 et 2 en histoire de l’art à prendre la parole durant les trois jours du Festival. Cette expérience est à la fois un travail de médiation mais surtout une mise en valeur des recherches effectuées par ces jeunes chercheurs. Thierry Laugée, un des deux maîtres de conférence avec Mickaël Szanto, encadrant les étudiants, nous explique les enjeux de cette expérience.

Pouvez-vous nous dire comment le projet d’associer les élèves de l’université Paris-Sorbonne au Festival de l’histoire de l’art est né ?
T.L : Florence Buttay, directrice scientifique du Festival, est venue nous proposer de faire quelque chose entre la conférence et la visite guidée, une sorte de « visite immobile » dont le principe de base est de faire travailler les étudiants sur des œuvres de Fontainebleau de manière à appliquer leur spécialité dans l’espace du château. Par exemple, une étudiante dont les recherches portent sur l’iconographie du bal sous le Second empire a proposé de s’installer dans les appartements d’ Eugénie afin d’évoquer les distractions de l’Impératrice. Un autre étudiant, travaillant sur les guerres d’Espagne, a pris place au sein du bivouac de l’Empereur pour évoquer la représentation de la guerre dans les arts.

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Une visite d’un étudiant de Paris-Sorbonne au Festival en 2014, Grotte des Pins.

Le principe de cette organisation est d’apprendre aux étudiants-chercheurs à transmettre à un public varié les recherches effectuées dans leurs spécialités.
Comment s’effectue la sélection des étudiants participants au Festival de l’histoire de l’art ?
T.L : Ce projet est ouvert à tout étudiant de l’université Paris-Sorbonne, inscrits en master 1 et 2, sans restriction de période ou de matériaux, ils sont ensuite sélectionnés en fonction e la pertinence de leur proposition et de l’adéquation avec les espaces du château. Les étudiants de master apprennent en effet à construire un propos mais sont moins habitués à le transmettre oralement à un public varié. Les profils choisis sont ceux adaptés à cette médiation mais nous avons eu la surprise d’étudiants se révélant face à un public.

Quels ont été les retours des étudiants sur leur participation au Festival ?
T.L : Ils se sont montrés globalement ravis de l’expérience, heureux de partager ce sur quoi ils ont travaillé alors que leurs sujets de recherches sont le plus souvent confidentiels. Si l’interaction avec le public a été très porteur, il s’est également créé une véritable cohésion de groupe entre les étudiants participant alors qu’ils ne se connaissaient pas toujours auparavant. Leur principale critique a d’ailleurs été de demander pourquoi cette initiative n’avait pas été lancée plus tôt . Du côté, des visiteurs, ils se sont montrés nombreux et chaleureux.

Comment la préparation de ce projet se déroule-t-elle tout au long de l’année ?
T.L : L’année dernière, la préparation fut assez globale, appuyée principalement sur deux journées de mise en pratique à Fontainebleau d’où l’idée de transformer les choses cette année en raison de la réussite tant au niveau des étudiants que des enseignants et du public. Nous avons souhaité modifier cette intervention en une formation véritable à la médiation orale de la recherche. Ce module est organisé sous la forme de cinq demi-journées par semestre suite à la sélection de 12 étudiants sur leurs projets d’intervention pour le Festival. Il s’agit d’une véritable formation : les étudiants choisis ne sont pas forcément ceux qui sont le plus à l’aise à l’oral, l’objectif est qu’ils le soient en fin d’année. Le premier semestre est consacré aux techniques pures de la prise de parole ainsi qu’à l’adaptation d’un discours scientifique à un public varié. Il s’agit d’apprendre à préparer une conférence en la différenciant d’un écrit, de travailler sur les techniques oratoires et gestuelles pour diffuser au mieux son propos. Ce premier semestre se termine par une présentation d’un site parisien de leur choix, en lien avec leurs recherches. L’enjeu est d’intéresser un public qui ne vient pas pour les écouter, de parvenir à se constituer un auditoire attentif. Il s’agit souvent pour les étudiants de la première expérience en public après avoir travaillé en salle pendant un semestre au cours duquel les séances ont été filmées afin d’être analysées par la suite. Le projet est de s’améliorer en groupe, il est ainsi envisagé d’utiliser des captations vidéos afin d’encourager l’auto-évaluation de manière ponctuelle. Par la suite, au cours du second semestre, a lieu une mise en situation au sein du musée du Petit Palais avec affichage des interventions des étudiants au sein de cette institution mais aussi de l’UFR. Cette intervention se déroule au cours d’une seule journée, cette fois avec un public ayant choisi d’assister à la présentation orale. L’idée est de recréer ce qui se passera lors du Festival. Par rapport à l’an dernier, la démarche est plus progressive, le Festival devenant la dernière étape de cette formation. Autre nouveauté de cette année avec des étudiants qui se déploieront dans toute la ville de Fontainebleau. Ils doivent alors se poser d’autres questions, sur les contraintes techniques de leur intervention, plus précisément concernant la gestion du lieu choisi et de sa distance avec l’agenda global du festival. Ils doivent ainsi apprendre à gérer cet événement en terme pratique, de la préparation du discours jusqu’à l’accompagnement du groupe dans ses activités, ce que, nous l’espérons, nos étudiants seront amenés à mettre en pratique dans d’autres situations au fil de leur carrière.

Marie-Astrid Pourchet

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