Festival de l'histoire de l'art
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Le Festival

Un pays invité, l’Allemagne

La promotion de l’histoire de l’art comme discipline trouve ses fondements dans une tradition germanophone. C’était faire hommage aux travaux dans cette langue que de choisir, pour la seconde édition du Festival de l’histoire de l’art, l’Allemagne comme pays invité.

Depuis le XIXe siècle, Munich, Berlin, Hambourg, Cologne, Düsseldorf, Marbourg, Heidelberg… sont autant de centres, d’instituts, d’universités en compétition qui ont multiplié les approches en histoire de l’art.  À ces lieux, on peut aussi ajouter les centres allemands qui se sont développés en Italie (la Bibliothèque Hertziana à Rome, le Kunsthistorisches Institut à Florence) et en France (le Centre allemand d’histoire de l’art à Paris). Aujourd’hui encore pionnières, ces institutions ont permis par exemple la mise en ligne d’une mine de données de recherche pour les historiens de l’art (Kubikat, Artlibraries.net, portail Kunstgeschichte, Arthist).

Portrait de l'artiste au chardon, Dürer Albrecht (1471-1528), Parchemin sur toile, Paris, musée du Louvre ©RMN-GP (Musée du Louvre) - Jean-Gilles Berizzi

L’histoire de l’art germanophone a bien souvent été précurseur

Que ce soit par ses historiens ou ses institutions, l’histoire de l’art germanophone a bien souvent été précurseur par rapport au reste de l’Europe : on peut tout d’abord penser à l’un des fondateurs de la discipline, Johann Joachim Winckelmann, qui date la statuaire grecque par grandes phases stylistique dès 1764 ; ou à la première chaire d’histoire de l’art ouverte à Göttingen en 1799 – il faut attendre cent ans pour que l’équivalent se produise en France, à la Sorbonne, en 1899 ! L’école de Hambourg, autour d’Abby Warburg, intègre autour de 1900 les questions anthropologiques dans les recherches sur l’art, et s’interroge sur la fonction idéologique des œuvres d’art. Au même moment à Berlin, Heinrich Wölflin s’intéressait à une approche formaliste de l’art, fondée non sur le sujet représenté mais sur le cadre formel. Au XXe siècle, les historiens d’art allemand se sont aussi penchés sur une approche marxiste, puis une approche féministe, de l’art. Dernièrement, c’est vers l’image numérique qu’ils se penchent, élargissant le champ de recherche de l’art à la nanotechnologie et aux radiographies. Les historiens de l’art allemand ont su adapter leur analyse de l’art aux mouvements qui traversaient alors les sciences humaines et sociales.

 

Une édition du Festival sous le regard de l’Allemagne

Le Festival de l’histoire de l’art proposera des débats et conférences sur l’art et les artistes allemands, à la fois dans le cadre de la thématique « Voyages » et dans celui du Forum des actualités. Il confrontera également, lors de tables rondes, les méthodes allemandes et françaises en histoire de l’art. Les visiteurs pourront écouter Katharina Krause parler du voyage à Venise en 1484 d’un dominicain allemand et de sa découverte de l’art du verre ; ou Dominique Lauvernier s’intéresser aux architectes français au service des Cours allemandes au XVIIIème siècle : le cas particulier des théâtres ; suivre une table ronde sur L’image en question. Débats autour de la science de l’image (Bildwissenschaft) ou une autre sur la recherche et l’enseignement de l’histoire de l’art en Allemagne. Des personnalités essentielles du monde de l’art allemand seront présentes. Le doyen d’entre eux, Willibald Sauerländer, spécialiste de l’art gothique français, Commandeur de l’Ordre des Arts et Lettres, participera à la cérémonie d’ouverture du festival le vendredi 1er. Seront aussi présents Klaus Herding, Werner Hofmann, Andreas Beyer et bien d’autres. Grâce à son partenariat avec le Centre allemand d’histoire de l’art, le festival organise entre autres une rencontre entre cinquante doctorants allemands et cinquante doctorants français qui se réuniront tous les matins avec des spécialistes conservateurs ou historiens avant d’aller participer au festival. L’Allemagne sera présente dans la programmation d’Art & caméra : lors de deux rétrospectives de réalisateurs allemands de films sur l’art seront présentés les films de Peter Schamoni, l’un des fondateur du Nouveau Cinéma allemand, décédé en 2011, qui laisse derrière lui des œuvres majeures sur des artistes tels que Max Ernst, Niki de Saint Phalle et Botero, ainsi qu’un aperçu de l’œuvre du cinéaste et artiste vidéo allemand Harun Farocki, l’une des plus exigeantes et stimulantes figures du cinéma contemporain, à travers une sélection de films où celui-ci rend un magnifique hommage au septième art. Enfin, un concert par deux musiciens de l’Opéra National de Paris permet d’aborder sous un autre angle le voyage de l’âme vu par un artiste allemand : Omar Benamara chantera Winterreise (le voyage d’hiver) de Franz Schubert accompagné de Philippe Reverchon au piano, avec la participation des élèves germanistes du Collège International de Fontainebleau et de leurs professeurs d’arts plastiques et d’allemand, dans une illustration visuelle du Voyage d’Hiver.