Festival de l'histoire de l'art
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Le Festival

Art & Caméra

Art & Caméra, section cinématographique du Festival de l’histoire de l’art, a pour vocation de valoriser le cinéma en tant que médium artistique, de transmettre les savoirs de l’histoire de l’art par le biais du 7e art et d’établir un pont entre les historiens de l’art et le grand public.

En proposant une programmation autour du thème du Festival, Art & Caméra explore les différentes façons dont ce thème a été traité par les cinéastes. D’autre part, à travers le focus sur l’art, Art & Caméra cherche à éclairer les liens existant entre le cinéma et les autres arts, à montrer comment cinéastes et artistes s’inspirent réciproquement. Enfin, Art & Caméra propose de s’interroger sur la façon dont les cinéastes représentent l’art et, ce faisant, écrivent à leur manière une histoire de l’art.

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Peter Greenaway s’adressant au public du Festival 2013 en présence de Michel Ciment, directeur de la revue Positif, lors de la première en France de son film sur l’art Goltzius and the Pelican company (2012) © FHA – Anaïs Ravoux

La section Art & Caméra proposera une riche programmation d’environ 60 films et conférences autour de la Suisse et du thème « Collectionner ».

Hommage aux cinéastes suisses

Nous aurons ainsi le plaisir de découvrir ou de redécouvrir les œuvres cinématographiques sur l’art du Groupe 5, association de cinéastes suisses romands qui contribua à la Nouvelle Vague suisse au milieu des années 60. Ce groupe de cinéastes est composé d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange.
En collaboration avec la revue cinématographique Positif, la section Art & Caméra présentera également plusieurs films contemporains suisses consacrés à l’art et aux artistes suisses.

Le thème « Collectionner » sera abordé selon plusieurs axes d’analyse : cinéma et musée, films de found footage et collectionneurs excentriques.

Cinéma et musée

L’axe « Cinéma et musée » explorera les différentes modalités d’interaction entre le musée et le cinéma. La présence du cinéma au sein du musée soulève en effet de nombreuses questions. Ces interrogations sont principalement consacrées à la muséographie. Qu’est-ce qu’un musée du cinéma ? Comment exposer le cinéma ? Quoi exposer du cinéma ? Quels choix faire parmi les matériaux de création et de diffusion du cinéma ? Comment justifie-t-on la présentation dans un musée des extraits d’une œuvre qui a été conçue pour être regardée dans sa continuité et son intégralité dans une salle du cinéma ? Le temps de visite d’une exposition n’est pas celui d’une séance cinématographique. Comment concilier ces temporalités différentes ? Dominique Païni, qui a élaboré plusieurs expositions sur des cinéastes pour le Centre Pompidou et plus récemment pour le musée Michelangelo Antonioni de Ferrare, nous présentera les différentes thématiques dégagées par ces questionnements. Nous nous demanderons également comment le cinéma transforme le musée. Comment les dispositifs muséographiques et la conception même de la visite ont été modifiés par l’introduction d’un mode de pensée cinématique ou cinématographique. Mais aussi, à l’inverse, comment les images en mouvement destinées au musée transforment le cinéma. Comment les installations vidéo et les productions de l’art contemporain influencent le cinéma et en repoussent les limites. L’expanded cinema se situerait ainsi au croisement du cinéma, de la performance et de l’installation. Nous recevrons des spécialistes de l’expanded cinema qui nous parleront du potentiel de ses hybridations. Nous organiserons également un débat avec Jacques Aumont, professeur émérite de l’université de Paris III et enseignant à l’école des Beaux-Arts de Paris qui, pour sa part, refuse ce terme de cinéma étendu, considérant que les images en mouvement de l’art contemporain appartiennent à un autre ordre de pratiques que celui du cinéma. Art & Caméra consacrera enfin une partie de sa programmation à la redéfinition de l’espace muséal par le cinéma. Nous nous demanderons dans quelle mesure la présence d’un musée ou d’une collection dans un film de fiction interroge l’histoire de l’art et comment cette représentation de l’espace d’exposition nourrit le récit.

Found footage

La thématique des films de found footage (terme désignant des œuvres créés par le montage de morceaux de pellicules d’autres films) sera également explorée. Cette pratique cinématographique, qui renvoie littéralement à l’acte de collectionner (sélectionner et recontextualiser), soulève des problématiques originales d’ordre économique, juridique (droit de reproduction des œuvres) et esthétique.

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Eric Rohmer, La collectionneuse, 1967 © Les Films du Losange

Collectionneurs excentriques

Une place sera enfin accordée aux collectionneurs excentriques avec la projection de films ayant pour sujet des collectionneurs hors-normes et inattendus : ainsi Haydée, l’inoubliable Collectionneuse d’hommes d’Eric Rohmer ; le caméraman sérial killer du chef d’œuvre de Michael Powell, Le voyeur, recueillant sur pellicule l’agonie de ses victimes ; les glaneurs qui vivent ou créent en récupérant les restes et rebuts de nos sociétés, magnifiquement dévoilés par Agnès Varda dans Les Glaneurs et la glaneuse. Agnès Varda a été conviée pour présenter au public du Festival ce film majeur ainsi que ses œuvres portant sur l’art ou les artistes.

Montreux Jazz Lab © 2013 FFJM – Marc Ducrest

Rétrospective : les concerts mythiques du Montreux Jazz Festival

Dans la nuit du 31 mai entre 21h et 2h, Art & Caméra organisera une projection constituée par la collection d’enregistrements, audio et vidéo, des concerts du Montreux Jazz Festival  qui sont entrés comme document au Registre international de la Mémoire du Monde de l’UNESCO. Art & Caméra présentera des enregistrements uniques comme celui de Miles Davis qui fit là sa toute dernière scène en 1991.

Art & Caméra proposera des moments de création au sein du Festival de l’histoire de l’art à travers trois ciné-concerts.

Séances scolaires et prix jeune critique

Art & Caméra consacrera une large place au jeune public. Les séances scolaires auront lieu le vendredi 30 mai. Les films proposés sont classés en fonction du niveau de scolarité auxquels ils sont adaptés : école primaire, collège, lycée. Lors de la projection, les élèves rencontreront des cinéastes, des artistes et des conférenciers.

Art & Caméra soumettra 7 courts métrages en lien avec le thème «  collectionner » aux délibérations du jury lycéen du prix Jeune Critique. Pour l’édition 2013 les lycéens, venus notamment d’établissements de Fontainebleau et de Pantin, avaient préparé leur participation deux mois à l’avance. Ils ont reçu des cours d’analyse cinématographique au cinéma d’art et essai local (ciné 104) grâce au soutien de la mairie de Pantin.

Un prix du film sur l’art

En 2012, Art & Caméra a mis en place un prix d’aide à la création baptisé Prix Art & Caméra. Ce prix est décerné à un projet de film sur l’art en phase d’écriture. Il résulte de la volonté du Festival de promouvoir le film sur l’art pour donner un nouveau souffle à la création de ce genre cinématographique, dont les réalisateurs sont confrontés à la rareté des soutiens financiers et moraux. En effet, le choix de récompenser un projet en genèse plutôt qu’un film déjà réalisé découle de la prise de conscience du Festival de la nécessité d’aider la production de film sur l’art, un genre cinématographique à part qui connait un ralentissement sensible. Cette initiative du Festival a pu voir le jour grâce au soutien financier du CNC  et de l’Académie de France à Rome-la Villa Médicis et grâce à la générosité de Monsieur Carlo Perrone.

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