Festival de l'histoire de l'art
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Le Festival

Le pays invité : les Pays-Bas

Chaque année, le Festival invite un pays à comparer ses méthodes de recherche, de restauration, d’enseignement de l’histoire de l’art, avec celles de la France. En 2015, ce sont les Pays-Bas qui sont à l’honneur.

Le Forum de l’Actualité accueille les réflexions des acteurs du monde de l’art, sur le patrimoine, la recherche, la transmission des savoirs, les enjeux du marché de l’art, etc… Cette année, un dialogue entre Laurent Fabius et Pierre Rosenberg explorera les relations passées et présentes entre l’art et la diplomatie.

Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, Paris

Allaert van Everdingen (Alkmaar 1621 – 1675 Amsterdam), Vue sur Alkmaar © Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, Paris

Identité

L’imaginaire collectif associe immédiatement les Pays-Bas à la peinture du siècle d’or. Un premier axe de notre réflexion sera le rôle de l’art dans la construction d’une identité néerlandaise au XIXe siècle. Cette fonction politique de l’art sera interrogée dans une perspective européenne. On discutera aussi la notion d’école nationale, en comparant les situations françaises, italiennes et néerlandaises : la naissance de cette notion, ses causes et ses effets sur la perception de l’art, les travers d’une notion qui rend peu compte des transferts, des échanges artistiques. L’art néerlandais, hier et aujourd’hui, existe-t-il ?

Puissance essentielle au XVIIe siècle, lors de ce que l’on a appelé la première mondialisation, les Pays-Bas ont une longue histoire de voyages, d’échanges, et de conquêtes. Ils ont ainsi bénéficié d’échanges artistiques intenses avec l’Asie. On verra par exemple comment les productions de Delft, avant d’être considérées comme un patrimoine national néerlandais, étaient des imitations de la céramique chinoise. Que reste-t-il du cosmopolitisme ? Que faire de ces histoires ? L’œuvre de Fiona Tan, artiste néerlandaise originaire d’Indonésie, interroge l’identité transculturelle des objets et la création, à travers eux, d’une mémoire collective.

On analysera de près deux réalisations muséales majeures et emblématiques des relations entre l’histoire de l’art et l’histoire des Pays-Bas : le Rijksmuseum et la Mauritshuis, dont la réouverture récente a été très médiatisée.

L’objet

Lidewij Edelkoort © Thirza Schaap ; Studio Formafantasma – © Federico Floriani

Moins connus que la peinture du siècle d’or, les arts décoratifs hollandais ont pourtant une longue histoire, et ont connu à la faveur de l’essor des Pays-Bas à l’époque moderne une diffusion mondiale, comme les faïences ou les textiles. Depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, et surtout depuis l’Expo 58, le design néerlandais s’est imposé sur la scène internationale, avec des partis résolument modernistes. Ce mouvement a été accompagné d’une promotion du design, le plus contemporain et le plus quotidien, au musée, grâce notamment au directeur du Stedelijk Museum d’Amsterdam, Willem Sandberg. Timo de Rijk (Université de Delft) racontera cette success story du Dutch design. On essaiera de faire le lien, dans le même temps, avec les recherches importantes menées en histoire de l’art, en dialogue avec d’autres disciplines (histoire, sociologie) sur la culture matérielle. La présence de la graphiste Li Edelkoort et des designers du studio Formafantasma permettra d’évoquer la création contemporaine.

 

Faire l’histoire de l’art aux Pays-Bas depuis un demi-siècle

Le Festival sera l’occasion de faire connaître de grandes figures de l’histoire de l’art des Pays-Bas, dont les vies raconteront l’essor des études depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.
Les Pays-Bas ont une politique d’étude et de documentation très innovante. On mettra en relief le travail du RKD, l’Institut néerlandais d’histoire de l’art. On présentera des projets titanesques comme le RembrandtResearch Project, celui mené sur la correspondance de Van Gogh ou de Mondrian… Les recherches menées à l’Université de Delft sur la reproduction en 3D des peintures montreront l’apport de ces techniques à la connaissance du travail du peintre. On fera connaître également la participation néerlandaise à des projets internationaux comme les chantiers de fouilles, l’action du KNIR (Institut néerlandais de Rome) etc.

Une rétrospective du cinéaste néerlandais Johan Van der Keuken permettra de découvrir ou de redécouvrir les films sur l’art qu’il a réalisés entre les années 1970 et 1990, notamment sur le travail du peintre Lubevert (Grand Prix de la Biennale du Film sur l’art du Centre Pompidou 1994).