Festival de l'histoire de l'art
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Le Festival

Rire

Le choix du rire s’est imposé à nous au lendemain des attaques perpétrées en janvier 2015 contre Charlie Hebdo. Le rire n’est pas seulement culturel, il est l’un des principaux vecteurs de l’expression de la libre pensée — expression qui peut prendre, on le sait, de nombreuses formes. De quelle manière les images cherchent-elles à nous faire rire ? Qui rit de qui et de quoi ? Quelles sont les modalités de réception des images censées nous faire rire ?

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Anonyme, Caricature contre Louis XVIII, A French Elephant, 1815 © Paris, BNF

Le phénomène du rire échappe à toute sorte de classement uniforme, mais il s’incarne dans des représentations, dans des corps, souvent déformés, voire monstrueux, dans des figures iconiques. Seront présentées la figure du bouffon, celles du satyre, du clown ou de Démocrite. Le rire du philosophe n’est pas celui de l’ivrogne, le rire spontané n’est pas celui que peut engendrer un réseau d’allusions et de métaphores qu’il faut décoder. Il y a des degrés du rire (le sourire en serait la quintessence), des pratiques culturelles du rire (l’humour anglais ou le warai japonais relèvent de spécificités nationales) et des fonctions sociales et politiques du rire. Le Festival propose d’interroger la pluralité des expressions artistiques du rire : de la pratique du rire à Sparte au « rire féroce » de Tomi Ungerer, de l’art de la caricature chez Léonard de Vinci au rire Dada.

Un sujet d’actualité de la recherche en histoire de l’art

La question du rire dans l’art suscite un intérêt nouveau auprès d’historiens de tous horizons, français et étrangers, dont témoignent les nombreuses publications, expositions et autres manifestations consacrées à la caricature, à la dérision, à la joie et au rire. Ce thème permet d’aborder sous un jour nouveau les plus grands artistes, déjà amplement étudiés, de Bosch à Picasso. Il invite à revisiter la question des catégories artistiques et des normes du Beau et il met en lumière des stratégies de transgression insolites.

L’art de la satire

La satire est une forme d’esprit critique reposant sur des traditions textuelles et visuelles dont l’origine est ancienne. Comment traverse-t-elle les frontières et les continents, au cours de l’histoire mais aussi à l’heure de la diffusion mondialisée des images ? Des spécialistes de l’Antiquité grecque ou de la Renaissance italienne, des artistes ou encore des groupes de recherche tenteront de répondre à ces questions. À l’occasion d’un dialogue franco-espagnol inédit, les dessinateurs de presse Pétillon et Elchicotriste témoigneront de leur propre pratique de la satire.

Rire de dieu et rire des dieux

À l’inverse de la culture gréco-romaine qui n’hésite pas à présenter ses dieux dans des situations risibles sans que cela relève du sacrilège, la culture biblique jette les bases d’une interdiction théologique du rire. Le rire est laissé aux sots, aux bouffons et aux pécheurs. Pour autant, il finit contre toute attente par s’infiltrer dans les images et le rituel religieux. Plusieurs intervenants du Festival exploreront les rapports complexes entretenus entre le rire et la religion, dans une vaste perspective historique et anthropologique.

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