Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

Autour des marges enluminées du ‘Livre d’Heures’ de Maximilien Ier de Habsbourg : la réception des gravures d’Italie du nord par les artistes de la Renaissance germanique

02/06/2012 - 10h00 à 11h00 Château de Fontainebleau - Salle du Jardin anglais (30 places)

La décoration des marges du Livre d’Heures de Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519), dont le projet émergea probablement la même année que son couronnement impérial à Trente en 1508 et dont le texte ne fut imprimé que le 3 janvier 1514, a mobilisé l’ensemble des artistes les plus prestigieux de la Renaissance germanique : Albrecht Dürer, Albrecht Altdorfer et son atelier, Jörg Breu, Hans Burgkmair, Hans Baldung Grien et Lucas Cranach l’Ancien. Alors que ces artistes semblent avoir été libérés de toute contrainte de la part du commanditaire lors de la réalisation de ce projet, de nombreux motifs présents dans les marges attestent qu’ils ont eu recours à des gravures d’Italie du nord (celles de Peregrino da Cesena et de Mantegna entre autres) alors en circulation permanente depuis la fin du XVème siècle au nord des Alpes.

Á travers l’exemple du Livre d’Heures de Maximilien Ier, la communication aura pour fil conducteur l’étude des transferts artistiques entre le nord de l’Italie et le territoire allemand à la Renaissance, considérablement facilités depuis le développement et la mise en circulation des gravures. Tout d’abord, nous tenterons d’identifier les acteurs du transfert entre le nord et le sud des Alpes afin de définir clairement selon quelles modalités les artistes germaniques avaient accès aux gravures italiennes : les artistes en voyage (Albrecht Dürer entres autres), les marchands (la famille Fugger), les imprimeurs ou encore les humanistes (notamment Konrad Peutinger).

L’usage des gravures dans les pratiques d’atelier sera ensuite abordé (la pratique de la copie comme mode de transmission des modèles par exemple) ainsi que, comme le montrent de nombreuses enluminures du Livre d’Heures, les différentes variations dont elles ont fait l’objet et qui s’inscrivent pleinement dans le processus créatif de l’artiste d’une part, puis dans le processus d’adaptation à la culture germanique d’autre part.

En effet, bien plus que de simples enjeux esthétiques, ce sont bien des problématiques d’ordre culturel que soulève la réception des gravures italiennes dans les ateliers allemands : inhérente aux concepts de « nation » et du langage en tant que revendication identitaire qui émergent à la Renaissance, la germanisation des modèles italiens qu’opèrent les artistes du nord relève donc davantage de la traduction que d’une tentative d’imitation.

Ainsi, la communication proposée ici sur le Livre d’Heures de Maximilien Ier sera l’occasion de promouvoir la production artistique de la Renaissance allemande, que le public français ne demande qu’à découvrir depuis son accueil enthousiaste de la grande rétrospective sur Lucas Cranach l’Ancien, organisée au printemps 2010 au Musée du Luxembourg à Paris.

Quelques références bibliographiques…

P. Burke, R. Po-Chia Hsia, Cultural translation in early modern Europe, Cambridge University Press, 2007.

D. Landau, P. Parshall, The Renaissance Print 1470-1550, Yale University Press, New Haven and London, 1994.

W.L. Strauss (sous la dir. de), The Book of Hours of the Emperor Maximilian the First; Decorated by Albrecht Dürer, Hans Baldung Grien, Hans Burgkmair the Elder, Jörg Breu, Albrecht Altdorfer, and other artists. Printed in 1513 by Johannes Schoensperger at Augsburg (facsimilé), Abaris Books, New York, 1974.

H. Wölfflin, Italien und das deutsche Formgefühl : die Kunst der Renaissance, Bruckmann, München, 1931.

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