Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

Georges Labit (1862-1899), grand voyageur et collectionneur toulousain

01/06/2012 - 13h00 à 14h00 Château de Fontainebleau - Salon des Fleurs (19 places)

Le toulousain Georges Labit se passionna très tôt pour les civilisations lointaines : ses expéditions le menèrent jusqu’en Laponie, en Egypte, dans plusieurs pays d’Asie, au Japon en particulier d’où il rapporta de nombreux objets. L’époque était à la découverte du monde : l’épanouissement des sociétés de géographie, celle de Toulouse en particulier, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, est un des exemples qui traduisent cette soif de connaissances pour les pays et les peuples inconnus.

En 1893, Georges Labit fit construire un édifice pour accueillir ses collections : conçu dans un style mauresque, à la manière des villas orientales à la mode sur les côtes atlantiques et méditerranéennes, il matérialisait le goût de Georges Labit pour l’exotisme. Il est d’abord un musée, servant à l’occasion à recevoir les hôtes de son propriétaire – qui par ailleurs en permettait l’accès au public de la région.

Ce globe-trotter collectionneur a rassemblé un des fonds les plus anciens d’art asiatique en France. Les objets rapportés de ses voyages ont constitué l’essentiel des collections à l’origine, mais des dons successifs, au XXe siècle, l’ont enrichi, parmi lesquels on note des objets provenant du musée Guimet de Paris. Ses expéditions en Asie furent au début plutôt des voyages touristiques, à but commercial parfois, puisque son père tenait à Toulouse un grand magasin où il avait ouvert un rayon d’artisanat exotique, et qu’à l’occasion il l’aidait à approvisionner.

Avec le temps, les voyages de Georges Labit se chargèrent d’un autre contenu : les objets rapportés du voyage qu’il fit en 1886 en Laponie, par exemple, sont les produits d’une véritable enquête ethnologique. Suivit le voyage au Japon, plus fructueux quant à la collecte d’objets d’art, ou plus usuels. Il les rassembla en fonction de leur utilisation dans la vie quotidienne, pour une meilleure connaissance des hommes qui les avaient produits ou fabriqués.

L’étude de ces collections permet de suivre le « voyage » des œuvres d’art rassemblées, d’en apprécier la richesse anthropologique, d’autant plus qu’elles comportent un fonds photographique. Des lettres de Georges Labit, conservées dans les archives du musée, peuvent elles aussi apporter leur contribution à une meilleure connaissance des pratiques de ce collectionneur.

Il mourut à trente-sept ans : son père assura la continuité de l’œuvre, léguant  plus tard à la ville de Toulouse le pavillon mauresque et ses collections. Le musée fut entièrement restauré en 1997. Un jardin de plantes asiatiques et méditerranéennes entoure l’ensemble comme d’un écrin : plus qu’une visite culturelle, le musée Labit est avant tout une invitation au voyage.

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