Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

« Le visage de l’Amérique des années 1940  » – portrait du Nouveau Monde par les artistes européens en exil

02/06/2012 - 13h00 à 14h00 Château de Fontainebleau - Salle du Jardin anglais (30 places)

La Seconde Guerre mondiale pousse des artistes d’avant-garde parisienne à se réfugier en Amérique. Varian Fry du Comité américain du secours sauve Breton, Chagall, Duchamp, Ernst, Lam, Lamba, Masson, Matta. A New York, ils sont rejoints par Léger, Lipchitz, Mondrian, Ozenfant, Tanguy, Zadkine, Seligmann. Tous n’y sont pas arrivés pour les mêmes raisons et ne vivent pas non plus l’exil d’une même façon. Seuls les surréalistes, la majorité de ces exilés, formaient un groupe cohérent. C’est également eux qui ont probablement le mieux profité du séjour en Amérique. Leurs échanges avec de jeunes artistes américains, notamment ceux de l’expressionnisme abstrait, et le rôle qu’ils ont joué auprès d’eux marquent en effet une page essentielle dans l’histoire de l’art. Comme le dit Motherwell, l’influence de l’état d’esprit surréaliste sur les jeunes peintres américains d’alors n’est pas négligeable et il est aussi vrai que c’est grâce à lui qu’ils ont découvert la technique de l’automatisme.

Mais malgré cette importance, l’intérêt de cette communication ne sera pas porté sur cet aspect mais plutôt sur un autre moins exploité, l’Amérique vue par les artistes réfugiés. Que voient-ils dans le Nouveau Monde et quelles images construisent-ils de leurs « voyages »? Selon les moyens et les opportunités, différents pour chacun, ils se sont déplacés à l’intérieur des États-Unis, certains en Martinique ou en Amérique du sud. Les surréalistes ont été touchés le plus par la grandeur de la nature, sa puissance et son état sauvage. L’éblouissement devant la nature a eu un grand effet sur eux, plus particulièrement sur la peinture de Masson et celle de Matta. Ernst s’est aussi bien approprié les paysages et l’art indien qu’il a découverts durant ses voyages, et les a largement employés dans ses œuvres. Or, il est remarquable que les intérêts de ces artistes sur ce continent fussent uniquement penchés sur la nature vierge et la culture indienne. La place de l’Amérique contemporaine, effacée chez les surréalistes, se trouve en revanche chez Léger. Celui-ci, en traversant le continent en autocar, a essayé de pénétrer le pays, de l’intérieur. Comparer les différents aspects du pays décrits par ces artistes sera un bon moyen de retracer le portrait de l’Amérique des années 40 par les yeux des artistes modernes européens. Cette étude nous permettra ensuite d’évaluer les images contrastées de ce lieu par un regard critique de nos jours.

 

Bibliographie sélective

Artistes en exil 1939-1946, Catalogue d’exposition (Paris, American center for students and artists, 16 mai – 6 juin 1968).

Léger, Fernand, Mes Voyages, Paris, Editeurs français réunis, 1960.

Les surréalistes en exil et les débuts de l’école de New York, Catalogue d’exposition (Strasbourg, Musée d’art moderne et contemporain, 12 mai – 27 août 2000).

Loyer, Emmanuelle, Paris à New York – intellectuels et artistes français en exil 1940-1947, Paris, Editions Grasset & Fasquelles, 2005.

Varian Fry et les candidats à l’exil, Catalogue d’exposition (Aix-en-Provence, Galerie d’art du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, 12 janvier–11 avril 1999), Arles, Actes sud, 1999.

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