Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

Les formes du déplacement dans l’art conceptuel

03/06/2012 - 11h30 à 12h30 Château de Fontainebleau - Salle de la Grotte des Pins (30 places)

L’art conceptuel et les processus de dématérialisation de l’œuvre qu’il implique redéfinissent les modalités de déplacement et de localisation de l’art. En effet depuis les années 1960, la circulation des œuvres, des collections et des artistes évolue, allant jusqu’à dépasser les échanges transatlantiques du début de ce siècle. Avec le conceptualisme, nous assistons à une redéfinition de l’espace de l’art en général et du mouvement des personnes en particulier. En effet, c’est en 1961 que Stanley Brouwn, s’installe dans une rue et demande aux passants de lui indiquer son chemin. Il les invite alors à tracer cet itinéraire sur une feuille de papier. Intitulée This way Brouwn (jeu de mots avec « This way down », « par là »), la série de dessins révèle toute la subjectivité de la représentation de l’espace. La cartographie est exploitée d’une autre manière par Terry Atkinson et Michael Baldwin en 1967. Leurs Maps not to indicate (cartes qui n’indiquent pas) détournent et associent le dessin des frontières de certains états, et leur légende égare le spectateur au lieu de l’informer. La même année, Alighiero Boetti entame une série de gravures représentant les contours de douze pays en guerre à cette époque. Ces Dodici forme da giugno 1967 (douze formes de juin 1967) confirment l’importance de la cartographie dans son travail, comme dans l’art de cette mouvance. D’un genre à l’autre, la carte postale, lorsqu’elle est utilisée par le Mail art, ou dans des démarches plus conceptuelles, traite autant du thème du voyage que du statut de l’œuvre. Entre 1968 et 1979, On Kawara dans ses I got up at (je me suis levé à) témoigne de sa position géographique à un moment précis tout en faisant de ce document postal un ready-made. L’objet acquière ici le statut d’œuvre parce qu’il est nomade. Ainsi, le voyage fait l’œuvre, le déplacement du lieu fait le glissement du sens et de l’importance de l’objet d’art.

 

BIBLIOGRAPHIE:

– Benjamin BUCHLOH, « De l’esthétique d’administration à la critique institutionnelle (aspect de l’art conceptuel, 1962 – 1969) » traduction Claude Gintz, in. Essais historique II, Art édition, Villeurbane, 1992.

-Claude GINTZ, « Entre extrémisme et rupture, l’art conceptuel comme alternative à l’œuvre d’art comme chose sensible » in.  Ailleurs et autrement – Éditions Jacqueline Chambon – Collection Critiques d’art – Marseille, 1993.

-Lucy LIPPARD & John CHANDLER, The Dematerialization of Art, Art International, février 1968.

-Ghislain MOLLET-VIÉVILLE, Art minimal & conceptuel, Édition Skira, 1995.

-Jean-Marc POINSOT, Mail-art – Communication à distance, Ed. Cedic, Paris, 1971.

-Jean-Marc POINSOT, « L’in situ et la circonstance de sa mise en vue », in. Quand l’œuvre a lieu – L’art exposé et ses récit autorisés, Éd. Les Presses du Réel, collection Mamco, Genève 2008.

 

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