Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

L’Œuvre de Brancaleon dit Mercure le Franc. Un Vénitien au service du roi d’Éthiopie à la fin du XVe et au début du XVIe siècle

03/06/2012 - 13h30 à 15h00 Ecole des Mines - Salle 301, Bat P (50 places)

Dans les années 1480, un jeune vénitien nommé Nicolo Brancaleon part avec quelques uns de ses compatriotes, artisans envoyés par la République de Venise au roi de la chrétienne Éthiopie. Quarante ans plus tard, une ambassade portugaise le rencontre à la cour, riche et estimé, parlant la langue du pays et peintre du roi sous le nom de Mercure dit le Franc. Les écrits des Occidentaux, ambassadeurs ou missionnaires, et les peintures retrouvées dans des monastères éthiopiens permettent de reconstituer son œuvre, églises royales, icônes et enluminures signées de l’un ou l’autre nom.

Provenant d’une église royale au bord du Nil, aujourd’hui conservée au musée de l’Université d’Addis Abeba, c’est une Vierge à l’Enfant entourée des apôtres et autres saints que se proposent de regarder et d’analyser ensemble une historienne de l’art spécialiste de la peinture éthiopienne, une restauratrice et une chimiste avec leurs regards et leurs méthodes propres. Iconographie, style et matériaux sont passés au crible et analysés avec les ressources spécifiques à l’histoire de l’art et à la chimie pour tenter de définir la particularité de ce voyageur, exilé admiré mais captif. Compensant la rareté des textes, l’observation des techniques et des processus de mise en œuvre des matériaux permet de faire apparaître ce qui ressort de la formation vénitienne de Brancaleon, ce qu’il a introduit en Éthiopie et comment il s’est adapté aux pratiques locales avec les matériaux à sa disposition. Mise en perspective dans l’histoire de la production de panneaux peints de la même époque, en la comparant tout particulièrement avec l’œuvre d’un peintre éthiopien, Feré Seyon ou « Fruit de Sion », cette œuvre révélera ce qui relève de l’une et l’autre culture du peintre, ce qu’il a appris de l’une et l’autre de ses patries et laissé en héritage sur les hauts-plateaux éthiopiens.

 

Éléments bibliographiques

–          Bosc-Tiessé Claire, Miguirditchian Méliné, Mirabaud Sigrid, Roig Raphaël, 2010, Se’el. Spirit and materials of Ethiopian Icons. Journal of a exhibition held at the Institute of Ethiopian Studies, Addis Ababa, December 2010-January 2011, Addis Ababa, CFEE, ISBN 978 99944 808 74.

–          Mirabaud Sigrid, Miguirditchian Méliné, Bosc-Tiessé Claire, 2011, « Étude d’un corpus d’icônes datées des XVe et XVIe siècles conservées au musée de l’Institute of Ethiopian Studies, Université d’Addis Abeba, Éthiopie », Proceedings of the 16th Triennal Conference, ICOM-CC, Cultural heritage/cultural identity: the role of conservation, sous presse.

–          Miguirditchian Méliné, 2011, « L’interdisciplinarité au service des icônes éthiopiennes », Patrimoines. Revue de l’Institut National du Patrimoine, 7, pp. 138-143.

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