Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

Répercussion du livre à figures lyonnais dans la production artistique allemande dans la seconde moitié du XVIe siècle. Étude autour de l’œuvre de Virgil Solis et de Jost Amman

02/06/2012 - 11h00 à 12h00 Château de Fontainebleau - Salle de la Grotte des Pins (30 places)

Dans la première moitié du XVIe siècle, il est courant de noter les emprunts réalisés, grâce au développement de l’art typographique, par les artistes et imprimeurs lyonnais auprès de leurs confrères vénitiens, bâlois, ou nurembergeois. Or, par un curieux revirement, il semble que l’École de gravure lyonnaise, avec comme chef de file, Bernard Salomon, exerce une influence certaine sur ses voisins d’outre-Rhin dès les années 1550. On relève, souvent en passant, dans la littérature consacrée à l’art, des exemples de copies effectuées par les peintres et graveurs allemands, Virgil Solis et Jost Amman, s’appuyant abondamment sur le corpus salomonien pour reproduire une composition entière, prélever un motif plaisant ou simplement puiser son inspiration, en s’appropriant une idée ou un thème novateur. Notre objectif est d’évaluer et d’apprécier les rapports unissant ces productions. Quels fruits les artistes germanistes pouvaient-ils tirer de ces délicates vignettes, hautes de quelques centimètres ?

En effet, l’œuvre de Bernard Salomon, artiste-peintre installé à Lyon dès 1540, est bien connu par l’entremise des centaines de gravures d’illustration, largement diffusées, par le biais des publications parues dans l’officine du maître-imprimeur Jean de Tournes. Ces vignettes, très inspirées des motifs et de l’esthétique bellifontains, bénéficiant aussi de l’influence de graveurs allemands tels que Hans Sebald Beham et Hans Holbein, allient, avec harmonie, réalisme, via la présence de détails pittoresques, raffinement des costumes, des postures, et vivacité des personnages, l’ensemble compris dans des scènes riches en détails, mais équilibrées et attrayantes.

Des similitudes apparaissent nettement entre cet œuvre gravé et la production artistique de Solis et d’Amman, considérés justement comme les meilleurs interprètes de l’Art de Fontainebleau en Allemagne. Ces derniers se sont particulièrement inspirés des succès éditoriaux que furent les Quadrins historiques de la Bible de 1553 et la Métamorphose de l’Ovide figurée de 1557. Par exemple, Emmanuelle Brugerolles a relevé deux dessins conservés à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, attribués à Amman, présentant la Tentation d’Adam et Eve et la Création d’Eve, reprenant les vignettes des Quadrins de manière assez fidèle, mais transposées dans un format nettement supérieur. D’autres thèmes, tels que les scènes de genre, sont source d’inspirations, notamment à l’intérieur du Kunstbuchlein (1599), livre de modèles paru, à l’usage des peintres-artisans, où l’on note la présence de gravures, qui sont des appropriations manifestes de compositions originales de Salomon, profondément renouvelées. Les départements des arts graphiques de Nuremberg, Munich, Berlin, Dresde, Vienne, détiennent plusieurs dessins, projets ou études pour des vitraux, des pièces d’orfèvrerie, des peintures murales, de la main des deux artistes allemands, rappelant de près ou de loin, la production gravée lyonnaise du milieu du XVIe siècle, témoignant de transferts artistiques intéressants, parfois surprenants, étant donné la dimension des pièces initiales copiées.

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