Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

Table ronde pour le bicentenaire de Gustave Courbet

08/06/2019 - 14h00 à 15h30 Château de Fontainebleau - Salle des Colonnes (150 places)

Le 10 juin 2019, Gustave Courbet aurait eu 200 ans.

Cette coïncidence semble faite pour dresser une revue diachronique de tout ce dont Courbet a été successivement le nom, au fil de ces deux cents années.

Il fut d’abord Désiré, un enfant de remplacement conçu au jour anniversaire de son aîné mort-né, petit roi de sa famille sous la houlette d’un grand-père sans-culotte.
Il fut ensuite Réalisme, revendiquant ce nom avant de s’en dégager en le dénonçant – trop lourd, trop étroit, martelé.
Il fut Communard, qualificatif que la postérité n’a cessé de lui donner, venant renforcer la réputation d’ homme empâté, rouge ou socialiste, inconvenant, malgré ses talents, colosse campagnard aux pieds d’argile poursuivi, jusqu’à sa mort en exil, par l’affaire injuste du démantèlement de la colonne Vendôme.

La célébration du bicentenaire de sa naissance offre l’occasion d’interroger la manière, la matière langagière, les strates, les résistances, par lesquelles se sont écrites l’histoire de l’homme et celle de son art, au fil des décennies.

Courbet dut à l’admiration de Louis Aragon et aux travaux de T.J. Clark de devenir héros de la peinture et héraut du peuple. Les travaux en France, en Allemagne, aux États-Unis, offrirent de le désigner, au fil du XXe siècle, sous d’autres qualificatifs: Courbet-Révolutionnaire, oui mais avant tout de la peinture ; Courbet-Premier des modernes. Ségolène Le Men souligna en 2007 combien la peinture de Courbet se présente comme « une telle machine à interpréter », qui suscite plus qu’aucune autre un « travail de lecture et de fables contradictoires dans la structure de ses œuvres, et dans la façon dont elles s’organis[en]t les unes par rapport aux autres. » Apparemment soumise au réel, la peinture de Courbet, mais aussi sa vie d’homme, offrent bien des contradictions qui résistent à l’analyse. Pour échapper à ces difficultés, des réponses souvent univoques ont, trop souvent, été proposées et demeurent.

Avec l’espoir de sortir Courbet de ces définitions univoques – enfermement auquel lui-même répugnait-, nous souhaitons proposer une table ronde le célébrant à l’occasion du Festival d’histoire de l’art. La thématique du peuple nous semble, comme la commémoration heureuse du bicentenaire de sa naissance, offrir l’occasion remarquable de l’évoquer auprès des nombreux participants de votre exaltant Festival.

Les beaux mots de Pierre Courthion ont porté notre réflexion : « Ce qu’il [Courbet] a laissé sur la toile, ce n’est pas la vision d’un monde extérieur mais l’image physique de sa personne diluée dans la reproduction du monde naturel. » .

La parution récente des actes du colloque de janvier 2017 dédié à l’influence majeure que la publication de la Correspondance de Courbet a exercée sur l’histoire de l’art depuis vingt ans offre une actualité renouvelée et permet une mise en perspective précieuse . Le travail remarquable de Petra Ten-Dosschaete Chu a permis de révéler l’homme derrière le peintre et de dévoiler ses contradictions, sa complexité humaine et créative, comme son désir, caché, inavoué ou inconscient, de se dissimuler, y compris derrière son apparente volonté d’une publicité constante de lui-même et de ses œuvres.

La table ronde que nous proposons réunira plusieurs intervenants afin de témoigner de la vivacité renouvelée de la présence de Courbet et de son œuvre aujourd’hui. La diversité de leurs points de vue et de leurs disciplines offrira la possibilité d’une confrontation singulière d’idées à laquelle les auditeurs seront associés.

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