Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

Oeuvres sans frontières : le transport des œuvres d’art (XVIIe-XXIe siècles)

02/06/2012 - 15h00 à 17h00 Mairie de Fontainebleau - Salon d'Honneur (80 places)

La marche des dieux : transport de statues antiques, de l’Antiquité aux saisies révolutionnaires (Brigitte Bourgeois)

Dès l’Antiquité, les statues façonnées par les hommes pour donner figure aux dieux n’ont cessé de bouger, soit dans le cadre de rituels religieux, soit qu’elles aient été conquises de force ou achetées à prix d’or. À ces épopées anciennes, connues notamment pour la Grèce antique, s’ajoutèrent, dans l’Europe des temps modernes, d’autres migrations de grande ampleur. On évoquera plus longuement les grands convois qui, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, ont amené de Rome à Paris, via les Alpes, les marbres les plus célèbres d’Italie (Laocoon, Apollon du Belvédère, Gladiateur Borghèse etc.), du fait des saisies révolutionnaires puis des acquisitions napoléoniennes.

 

De la carrière à l’atelier : l’acheminement des marbres sous le règne de Louis XIV (Sophie Mouquin)

Chemins, routes, canaux, fleuves : les routes du marbre sont, sous l’Ancien Régime, aussi diversifiées que les carrières sont nombreuses. La politique d’excellence menée par le département de marbres nécessite des moyens financiers, matériels et humains tout à fait considérables. Trouver les gisements, les exploiter ou obtenir la vente de blocs requiert peu d’efforts comparés à ceux qu’il faut déployer pour acheminer la matière à Paris. Qu’il vienne d’Italie ou des confins des Pyrénées, des Flandres ou d’Espagne, le marbre doit voyager, et ce voyage est une aventure, à tel point qu’elle favorise parfois la création de véritables chefs d’œuvre d’ingénierie.

 

Peintures par terre et par mer (XVIe-XXe siècle) (Nathalie Volle)

Cadeaux diplomatiques, acquisitions, prises de guerre, les œuvres ont toujours voyagé. Ces transports, même s’ils ne sont pas précisément documentés, ont souvent laissé des stigmates sur les tableaux (Bronzino, Titien, Poussin). A partir de la fin du XVIIIe siècle, les sources écrites sont plus détaillées : fabrication des emballages (Véronèse), constats d’état à l’arrivée (Fra Angelico, Rubens). Le développement des échanges internationaux, au XXe siècle, qui a développé la circulation des chefs d’œuvres (La Joconde en 1963 à Washington), confirment si besoin était, l’appartenance de ceux-ci au patrimoine universel de la culture.

 

L’art transporté par la Maison Chenue : de la guerre aux grandes expositions internationales (Cédric Plont)

Les aléas et les impératifs de l’Histoire, ou plus tard la mise en place des grandes expositions internationales, ont obligé les acteurs du transport d’œuvres d’art à transformer leurs méthodes traditionnelles, moderniser les matériaux et adopter de nouvelles postures de travail. Par camion, par train ou plus récemment par avion, la maison Chenue fut amenée à participer à ces grands voyages. Les archives administratives et photographiques ainsi que les témoignages des ouvriers de l’entreprise permettent de nous faire revivre ces moments inédits que furent le stockage des œuvres du Louvre à Chambord pendant la seconde guerre mondiale, la visite des trésors du musée du Caire en France ou le voyage du Penseur de Rodin en Chine.

 

 

L’art intransportable : les créations contemporaines (Véronique Sorano-Stedman)

Les caractéristiques physiques des œuvres contemporaines : monumentalité des  dimensions, fragilité ou diversité des matériaux, sont à priori incompatibles avec l’itinérance. Pourtant, l’art contemporain voyage de plus en plus, exigence qui stimule les échanges et la recherche en matière de logistique et de matériaux d’emballage et qui mobilise de nombreuses compétences au sein des institutions. Les exemples illustrés seront : les très grands formats (le rideau de parade de Picasso), les installations (Dorothée Tanning), les matériaux fragiles (Othoniel, Etienne Martin), les œuvres lourdes et encombrantes (Niki de Saint-Phalle) ainsi que les contextes particuliers (Le Centre Pompidou Mobile).

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