Festival de l'histoire de l'art
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Le programme du festival

Voyage, transfert ou espionnage ? Modalités et conséquences des échanges internationaux au musée

03/06/2012 - 17h30 à 18h30 Château de Fontainebleau - Salle de la Grotte des Pins (30 places)

Dans le domaine institutionnel, les catégories nationales servent toujours d’outils commodes aux historiens d’art mais masquent souvent la complexité des échanges géographiques. Au début du XIXe siècle, des visites régulières ont lieu entre les différents acteurs des musées européens. Par la lecture des articles de presse ou des guides, mais aussi par des voyages, les musées cherchent à se renseigner sur les collections et le fonctionnement des autres institutions européennes. Le Louvre, par la richesse de ses collections et le sérieux de ses catalogues, sert souvent de référence. De ce fait, les demandes de renseignement sur son fonctionnement se multiplient. En retour, pour se former, mais également se tenir au courant des avancées muséographiques, les conservateurs français n’hésitent pas à parcourir l’Europe afin d’assurer la prééminence de leurs collections et s’inspirent notamment des musées allemands. Ces déplacements se remarquent également au sein de la communauté des restaurateurs européens. Ceux-ci voyagent entre les différents pays, échangeant des méthodes, des outils et parfois même des objets d’art. Cependant, les invitations de restaurateurs étrangers dans certains musées nationaux créent aussi des tensions dans les communautés professionnelles locales : elles conduisent les restaurateurs autochtones à affirmer la supériorité de leurs traditions dans des controverses qui naissent dès la fin du XVIIIe siècle. En observant la circulation des conservateurs et des restaurateurs entre les institutions muséales, il s’agit ici de souligner les dynamiques qui caractérisent ces parcours, mais aussi de s’interroger sur la notion même de transfert culturel. Un savoir ou un savoir-faire peuvent-ils être transportés d’un lieu vers un autre ? Quelle est la place du phénomène de réappropriation ? Y a-t-il une force de résistance ? Ces déplacements favorisent-ils la création d’une communauté internationale ou conduisent-ils au contraire à la consolidation de traditions nationales ?

Cette conférence – basée sur les recherches inédites de deux jeunes chercheurs – se propose d’évoquer un pan encore inconnu de l’histoire de l’institution muséale et de montrer la réalité de ces échanges transnationaux entre institutions.
Intervenants :

* Arnaud Bertinet, doctorant (soutenance le 3 décembre 2011), thèse sur La politique artistique du Second Empire : l’institution muséale sous Napoléon III, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, sous la direction de M. le professeur Dominique Poulot, ingénieur d’études pour le projet ANR-DFG ArtTransForm.

* Noémie Étienne, docteure en histoire de l’art, thèse intitulée Restaurer la peinture à Paris (1750-1815), sous la direction de Dominique Poulot (Paris I) et Mauro Natale (Université de Genève), actuellement post-doctorante boursière du Fonds National Suisse pour la Recherche scientifique à New York.

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